Étude clinique menée à l’hôpital Pierre Rouquès « les Bluets », Paris 12ème “Evaluation de l’apport de l’acupuncture dans le traitement des stérilités en combinaison à l’aide médicale à la procréation (AMP)” 

 

FIV et Acupuncture

 

Recherche agréée par le Comité de Protection des Personnes
et le Comité d’Éthique 

Responsables scientifiques :
Elise Boghossian, praticienne de médecine traditionnelle chinoise
Dr. Richard Balet, chef de service de la consultation AMP, gynécologue, chirurgien


Pourquoi une étude sur les apports de l’acupuncture dans le traitement des stérilités ?
 

En France, de 1970 à 1990 le nombre de naissances entre 30 et 39 ans a augmenté de 100%, et de 50% entre 40 et 44 ans. D'après les enquêtes fécondité de l'Ined, 30% des femmes de 25-44 ans déclarent avoir connu des difficultés ou échoué pour avoir une naissance souhaitée, et 20% ont consulté un médecin pour des motifs d'infertilité . 
 
Depuis 2001, les données FIVNAT montrent une difficulté à dépasser le taux de succès moyen (taux de naissances par ponction) de 17 % en FIV, et ceci malgré les recherches poussées dans le domaine de la stérilité (les résultats sont les suivants : 17% en 1998, 17,1% en 1999, 17,2% en 2000, 16,5% en 2001, 16,4% en 2002).
 
Trois études récentes publiées dans les revues scientifiques suggèrent que l’acupuncture associée à l’aide médicale à la procréation pourrait augmenter les taux de grossesse chez des femmes suivies pour FIV et insémination artificielle. 
• Les travaux de Dieterle en Allemagne (2006) ont montré une augmentation du taux de grossesse dans le groupe acupuncture, soit 33.6% contre 15.6%. 
• Les travaux de Westergaard au Danemark (2006) montrent une augmentation significative du pourcentage de grossesses chez les patientes ayant reçu de l’acupuncture avant le transfert d’embryons, soit 39% contre 26%.
• Une autre étude randomisée de l’équipe de Paulus (2005) apporte les chiffres suivants : 42,5% contre 26,3% dans le groupe sans acupuncture. 
 
A ce jour il n’existe aucune étude randomisée sur l’acupuncture en France. 

 

L’infertilité devient un sujet préoccupant dans tous les pays industrialisés et en Santé Publique. On constate que la production spermatique a chuté de moitié en l’espace d’une génération. Au même titre que l’âge moyen des femmes qui accouchent augmente, on peut mettre en relation l’impact de l’environnement sur l’organisme humain et l’augmentation du nombre de couples qui consulte à l’hôpital dans le but d’avoir un enfant.
 
Les mécanismes d’action de l’acupuncture décrits dans la littérature sont liés à son influence sur le système nerveux autonome dans les phénomènes de réceptivité utérine et d’implantation embryonnaire.
De plus et grâce à l’appui des méthodes expérimentales modernes, les mécanismes physiologiques de l’acupuncture sont de plus en plus décrits dans la littérature. Ses effets sur la physiologie féminine sont liés à la sécrétion de médiateurs tels que la β-endorphine et la sérotonine qui influencent la sécrétion de GnRH, dont l’impact sur les gonadotrophines, la maturation folliculaire, l’ovulation est connu.
Parallèlement à cette action au niveau de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien, l’acupuncture exerce un effet général d’inhibition du système sympathique, qui réduirait la pression sanguine dans les artères utérines, ce qui engendrerait une augmentation du débit sanguin utérin et ovarien et favoriserait la nidation de l’embryon. 
 
Résumé de l’étude mise en place à l’hôpital Pierre-Rouquès Les Bluets
 
Le but principal de l’étude est d’évaluer l’effet de l’acupuncture dans le traitement de la stérilité féminine en combinaison avec les traitements d’aide médicale à la procréation (AMP). Cette étude inclut les patientes suivies pour FIV et pour lesquelles on propose un traitement par acupuncture « vrai », ou « placebo ».
Les critères secondaires sont cliniques et économiques : ils concernent d’une part le nombre de grossesses dans les groupes traités par l’acupuncture, et d’autre part le nombre de fausses couches évitées.
 
L’étude proposée est un essai thérapeutique randomisé, comparatif, en simple insu avec observateur indépendant et avec bénéfice individuel direct pour la patiente. Les séances d’acupuncture auront lieu avant et après le transfert embryonnaire.
 
Une amélioration de 10% du taux de grossesses par ponction est attendue, c’est-à-dire passer de 20% dans les résultats actuels à 30%. 
La diminution du nombre de fausses couches est aussi un argument en faveur de l’acupuncture.